Une ville menacée de noyade

La construction, en Turquie, d’un barrage sur le fleuve Coruh détruirait la vallée de Yusufeli. Des entreprises étrangères, notamment françaises, sont impliquées, au mépris des conventions internationales. Reportage.

Emmanuel Blivet  • 24 mai 2007 abonné·es

Après avoir quitté Trabzon et sa pluie incessante, à l'extrême nord-est de la Turquie, nous nous dirigeons vers Artvin, à 20 kilomètres de la frontière géorgienne. Plusieurs barrages sont déjà construits sur ce tronçon du fleuve Coruh, critiqués pour leur coût et leur faible rentabilité, ce qui n'empêche pas la planification d'une vingtaine d'autres. En remontant le fleuve, nous pénétrons dans une vaste zone de végétation luxuriante. « Welcome to the paradise », indique un grand panneau à l'entrée de Yusufeli, ville de 6 000 âmes nichée au pied des monts Kaçkar, qui la protègent des précipitations venues du Nord. Haut lieu du rafting mondial et base de trekking renommée, la région jouit en effet d'un climat unique permettant deux à trois récoltes annuelles de fruits et légumes, destinées aux besoins familiaux ainsi qu'à la vente.

La construction d'un énorme barrage y est projetée, pour « aider la Turquie à combler son déficit énergétique » , selon le gouvernement. Atteignant 230 mètres de hauteur, avec un débit de 120 mètres cubes à la

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Écologie
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