Faut-il suivre le guide ?
Ingrédients incontournables du tourisme de masse, les guides de voyage ont chacun leur état d’esprit et leurs partis pris. Politiquement corrects, ils font primer le conseil au consommateur sur l’enrichissement culturel.
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Ca se bouscule dans les rayons des librairies. Routard, Lonely Planet, Hachette, Guide Vert Michelin, Gallimard… Les guides de voyage sont légion. Avec pour chacun sa philosophie ou, à défaut, un état d’esprit. Le Routard cultive son goût post soixante-huitard, sublime le routier sympa, entre conseils pratiques et plans « pas chers » ; le Lonely Planet, anglo-saxon traduit en français, décline pareils conseils pratiques mais sans l’esprit sac à dos ; Gallimard invite à la promenade culturelle ; le Guide Vert Michelin se veut patrimonial, familial. Des lignes éditoriales qui parfois ne manquent pas de piquant.
Dans le Routard Istanbul 2005-2006, à la rubrique « Dangers et enquiquinements », on apprend ainsi que « les vieux préjugés sont à ranger au placard. Istanbul ne connaît pas l’insécurité de Rome, Paris ou Londres ». Balle peau pour les trois capitales européennes qu’on ne savait pas si peu sûres. Dans le Routard New York 2007, toujours à la même rubrique, une injonction : « Évitez absolument Central Park la
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