Risque de contagion

Le siège de Nahr el Bared par l’armée libanaise mobilise tous les camps palestiniens du Liban, qui craignent d’être les victimes d’un chaos exploité par les puissances occidentales. Reportage.

Marina Da Silva  • 5 juillet 2007 abonné·es

Beyrouth méconnaissable, étrangement déserte, comme sous couvre-feu... Les combats qui ont lieu depuis le 20 mai au nord du Liban et opposent l'armée et le groupe salafiste Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr el Bared font écho aux attentats qui ont figé la capitale. Il faut arriver à Sabra pour retrouver la foule. Le camp détruit lors du massacre de 1982, jamais reconstruit, est devenu un quartier misérable et suractif, sorte d'antichambre ouvrant sur Chatila, qui compte aujourd'hui quelque 12 000 habitants, auxquels sont venus s'ajouter près de 2 000 réfugiés de Nahr el Bared. « Des 35 000 habitants de ce camp, on ne sait pas combien sont encore assiégés, peut-être 3 000 , indique Shérif, coordinateur de la Campagne pour le secours de Nahr el Bared, la plupart sont allés à Baddaoui, le camp voisin de Tripoli, les autres sont dispersés dans les autres camps et principalement à Beyrouth. »

Les Palestiniens de Nahr el Bared veulent retourner sur leur terre, même sur les ruines de leur maison. JOSS DRAY

Les familles sont arrivées sonnées, perdues, elles étaient parties sans rien pouvoir emporter. Elles se sont tassées dans les maisons déjà surpeuplées. Mais on a dû également rouvrir des caves vétustes où la lumière du jour ne passe pas, où il n'y a aucun point d'eau et où il faut disputer l'espace aux rats. Tous les dispensaires, toutes les écoles, tous les centres d'activités ont été requis et stockent de l'aide d'urgence : couvertures, vêtements, provisions, médicaments. Shérif affirme que l'aide provient à 60 % des Palestiniens eux-mêmes. « Nous travaillons tous de 7 heures du

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Monde
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