Sécurité, mensonges et video

L’efficacité de la vidéosurveillance dans la lutte contre la délinquance et le terrorisme est loin d’être démontrée. Cela n’empêche pas Nicolas Sarkozy de préparer un plan de multiplication des caméras.

Claude-Marie Vadrot  • 19 juillet 2007 abonné·es
Sécurité, mensonges et video

En France, les caméras de rue ont été inventées à la fin des années 1970 par la préfecture de police. Elles étaient alors une centaine, et leurs écrans trônaient dans une salle souterraine baptisée le Nautilus. Elles étaient destinées à régler la circulation, et les syndicats de policiers, alors majoritairement républicains, parfois même de gauche, veillaient à ce que leur finalité ne soit pas (trop) détournée. Puis vint un certain Patrick Balkany, député et maire de Levallois, ami de Charles Pasqua et de Nicolas Sarkozy, qui inventa au début des années 1990 les caméras expressément destinées à surveiller la population.

À l’intérieur du centre de rétention administrative pour les étrangers en situation irrégulière à Vincennes. Dufour/AFP

Patrick Balkany, qui eut maille à partir avec la justice pour d'autres errements, se fit le meilleur représentant de commerce des sociétés souhaitant convertir le pays à la vidéosurveillance.Lui-même en installa une centaine dans sa commune, en 1994. La Commission nationale Informatique et libertés (Cnil), alors dirigée d'une poigne ferme par l'ancien directeur du Monde , Jacques Fauvet, toussa très fort : « Ce système de vidéosurveillance exploité par la police municipale ne devrait

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 9 minutes