Quelques vérités sur la crise financière

Aux États-Unis, le désengagement de l’État dans les institutions fédérales de crédit est en grande partie responsable de la récente
crise financière, explique l’économiste Gérard Duménil.

Thierry Brun  • 30 août 2007 abonné·es

La crise récente du crédit et de la Bourse souligne, une nouvelle fois, l'ampleur des dérèglements financiers propres au néolibéralisme. De quoi s'agit-il ?

Gérard Duménil : La chute des bourses, brutale mais vite corrigée pour l'heure, est un effet secondaire d'une crise du crédit. Plus précisément d'une crise d'un type particulier de crédit. La créativité des institutions financières néolibérales semble sans bornes. Dès que le profit est à portée de la main, de nouvelles procédures sont mises en place. Et le plus extraordinaire, en l'occurrence, est la capacité de ces institutions à reporter une grande partie de ces risques sur d'autres agents. On le sait, la croissance de l'économie des États-Unis est largement portée par la dépense des ménages, une consommation folle des plus riches et une extension sans précédent ni comparaison du crédit hypothécaire aux ménages, c'est-à-dire un stock croissant de crédits à très long terme au logement (mais qui, dans ce pays, servent également à d'autres achats). Les taux d'intérêt sur ces crédits restent relativement bas (ce sont les taux d'intérêt à court terme qui remontent).

La croissance des États-Unis est largement portée par les crédits à très long terme au logement. RICHARDS/AFP

Comment les banques peuvent-elles soutenir cet endettement croissant ?

Il faut souligner l'importance historique d'agences fédérales dont la fonction est de « racheter » aux banques prêteuses leurs créances sur leurs clients. Elles portent des noms charmants : Fannie Mae et Freddy Mac [^2]. Leur rôle est allé croissant jusqu'en 2001, ces agences

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