« La Justice sert d’instrument de propagande »

Avocate au barreau de Paris et présidente de l’association Justice-Action-Libertés, Françoise Cotta s’inquiète de l’escalade présidentielle en matière pénale. Et dénonce une volonté de concentrer tous les pouvoirs.

Ingrid Merckx  • 13 septembre 2007 abonné·es

Le 31 août, devant l'université d'été du Medef, Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de dépénaliser la vie économique et d'interdire l'ouverture d'enquêtes pénales sur le fondement de lettres anonymes, procédure à l'origine d'importants scandales financiers. Motif : elle rappelle la France de Vichy. Y a-t-il un délit d'abus de bien sociaux en France ? Ce rapprochement avec l'Occupation vous paraît-il recevable ?

Françoise Cotta : Pour Nicolas Sarkozy, tout le monde est victime, même les patrons, qui sont quand même très protégés. Les dénonciations anonymes sous Vichy et dans le cadre de scandales financiers ne sont, bien entendu, pas comparables. Mais on ne peut pas, de toute façon, se satisfaire de cette procédure en tant qu'avocat. La dénonciation anonyme, qui ouvre la porte à des choses très nauséabondes, ne devrait pas exister. Pourquoi n'en parler qu'en matière financière et non pour tous les aspects de la vie pénale ? Le Président cherche à faire de cette question une exclusive pour les délits financiers, comme s'il voulait promettre l'impunité aux hommes politiques et aux hommes d'affaires. C'est cela qui n'est pas recevable.

Rachida Dati visite la maison d’arrêt de Fresnes, en juillet. GUILLOT/AFP

La loi sur la récidive votée cet été a provoqué le courroux de nombreux magistrats. Rachida Dati leur a assuré qu'ils conserveraient l'arbitrage en matière de peine-plancher. Pourtant, le 29 août, la ministre a convoqué le vice-procureur de Nancy, Philippe Nativel, lui reprochant d'avoir refusé de requérir une peine-plancher. Quid de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme
Racisme 16 avril 2026 abonné·es

Comment l’extrême droite manipule la science pour justifier le racisme

Malgré le consensus biologique, l’extrême droite ravive le racisme des sciences biologiques du 19e siècle qui ont justifié esclavagisme et colonisation. Cette résurgence irrigue le débat public et donne au racisme l’apparat d’un discours académique pour mieux se légitimer.
Par Juliette Heinzlef
« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 
Exclusif 16 avril 2026 abonné·es

« Qu’est-ce qu’il dit l’orang-outan ? » : Frontières visé par une plainte pour ses commentaires racistes 

Visé par des dizaines de commentaires le comparant à un « singe » suite à une vidéo de Frontières sur Facebook, Bouna M. a porté plainte contre le site d’extrême droite pour provocation publique à la haine et contre les auteurs des injures.
Par Hugo Boursier
Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Comment la loi Yadan entend « légiférer la censure » des voix pro-palestiniennes  

La proposition de loi Yadan, débattue ce jeudi 16 avril, suscite de vives inquiétudes en raison de son caractère jugé liberticide et son contenu flou. Avocats, associations et artistes redoutent un recul de la liberté d’expression. 
Par Kamélia Ouaïssa
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier