André Gorz, l’autonome fusionnel

Le philosophe s’est suicidé le 24 septembre avec sa femme malade. Un penseur inclassable, inventeur de l’écologie politique et critique radical du capitalisme.

Patrick Piro  et  Christophe Fourel  • 4 octobre 2007 abonné·es

Il me dit un jour : « Je ne vous ai encore jamais parlé de mon grand oeuvre, venez voir... » C'était il y a cinq ans, et André Gorz avait déjà livré depuis longtemps les fondements de sa pensée philosophique : le Traître , élogieusement préfacé par Sartre, qui le voyait comme un des plus brillants penseurs de son temps, la Morale de l'histoire [^2] et Fondements pour une morale [^3]. En une dizaine d'ouvrages, il avait aussi bâti une puissante critique du capitalisme, ainsi qu'une relecture sans concession du marxisme [^4]. Ne manquait que Lettre à D. , histoire d'un amour [^5], où il révèle au public qu'il existe un coauteur à tout cela, sa femme Dorine, sans laquelle, dit-il, il n'est rien. Non, ce que Gérard Horst (son nom d'état civil) veut me montrer, c'est la centaine d'arbres d'essences variées qu'il a peu à peu plantés autour de leur maison de Vosnon (Aube). Son autre descendance, avec celle des livres, pour ce couple sans enfants, et un rappel discret : André Gorz est l'inventeur de l'écologie politique.

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Idées
Temps de lecture : 5 minutes

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