Yiddish comics
L’exposition « De Superman au Chat du rabbin », à Paris,
retrace l’épopée juive de la bande dessinée à travers l’Ancien
et le Nouveau Monde. Foisonnant et passionnant.
dans l’hebdo N° 977 Acheter ce numéro
L'homme vole par-dessus la ligne Maginot, chope Hitler par le colback, le soulève d'un poing et gronde : « J'aimerais te foutre un coup absolument non-aryen dans la mâchoire ! » Mais le temps presse. En plus du Führer, il lui faut également livrer Staline à la Société des Nations ! Une sacrée mission, qu'il exécute en cape et collants, un S majuscule barrant son poitrail moulé, la mèche négligemment gominée. Ironie d'une impression médiocre, le voilà vêtu de rouge et brun. On est en 1940, Superman va sur ses 2 ans. Le fils chéri de l'Amérique a pour pères Jerry Siegel et Joe Shuster, jeunes Juifs new-yorkais.
Cette planche est l'une des stars de l'exposition élaborée par le Musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris, « De Superman au Chat du rabbin, bande dessinée et mémoires juives » [^2]. Ambitieux, le propos est double : il s'agit, explique la commissaire d'exposition, Anne-Hélène Hoog, de montrer le « rôle majeur de nombreux artistes et auteurs juifs dans l'évolution de la bande dessinée et du roman graphique aux États-Unis
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