Ce qu’en pense la gauche de la gauche ?

Politis  • 24 janvier 2008 abonné·es

Roger Martelli, historien (PCF)

« La méthode n'est pas heureuse »

« Je préfère une LCR occupant le terrain du rassemblement à une LCR tournant le dos à sa possibilité, comme elle l'a fait dans le cadre du rassemblement antilibéral. En l'état, je ne me satisfais pourtant pas de la proposition politique de la majorité de la LCR. Quelle doit être l'ambition ? Porter un projet alternatif ­ moins "anti" que "pro" ­ qui rompe avec le social-libéralisme et le recentrage ; créer les conditions pour que ce projet ne soit pas l'attribut d'une minorité résolue, mais l'axe d'organisation majoritaire de la gauche tout entière. Pour l'instant, que ce soit conscient ou non, la LCR insiste sur le premier terme au détriment du second : le projet politique s'en trouve d'emblée fragilisé.

Par ailleurs, la nouvelle force, pour remplir sa mission, doit être pluraliste, ouverte ­ en pratique et non pas en intention ­ à l'éventail le plus large des courants, des sensibilités, des engagements et des générations critiques. Aucune force n'est en état d'opérer cette agrégation : ni les formations constituées (PCF, LCR), ni les ébauches antérieures de regroupement (les formes du rassemblement antilibéral). L'émergence d'une force nouvelle ne peut donc procéder que d'une mise en commun préalable. Tout ce qui, même involontairement, fonctionne comme un processus d'élargissement à partir d'une composante

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Politique
Temps de lecture : 7 minutes

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