Des visages et des murs
Cinéaste du clair-obscur, le Portugais Pedro Costa achève sa trilogie
sur les déshérités d’un bidonville proche de Lisbonne avec un western immobile, crépusculaire et radical.
dans l’hebdo N° 989 Acheter ce numéro
Ce fut le choc de Cannes 2006. À sa première projection de presse lors du festival, En avant, jeunesse a été lâché par deux tiers de la salle, qui, extérieurs à ce qui se passait sur l'écran, sont sortis progressivement, laissant le reste des spectateurs médusés, éblouis. Parce que ce film a quelque chose d'immédiatement pictural : premier plan sur une cour décrépite, quelqu'un jette par une fenêtre-trou des meubles qui s'écrasent sur un sol de cailloux. La scène est filmée depuis l'ombre qui envahit le contour de l'image. Le ciel est d'encre, la fenêtre-trou apparaît comme dans le halo d'un lampadaire. Deuxième plan, même principe : toute l'image est dans l'ombre sauf en son centre, où émerge en gros plan une femme noire brandissant un coutelas.
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