Journal au plomb

Enrico Fenzi, membre des Brigades rouges, a tenu son journal en prison, au début des années 1980. Il y relate son parcours politique dans l’Italie des « années de plomb » et livre un témoignage émouvant sur l’univers carcéral.

Olivier Doubre  • 28 février 2008 abonné·es

En avril 1981, Enrico Fenzi est arrêté en compagnie de Mario Moretti, le chef des Brigades rouges (BR) et l'un des auteurs de l'événement le plus retentissant des années 1970 en Italie : l'enlèvement puis l'assassinat du président de la Démocratie chrétienne, Aldo Moro. Ils sont armés, et leur arrestation dans une petite rue de Milan est mouvementée. Ayant déjà passé un an en prison en 1979, Enrico Fenzi n'a qu'un seul souci à ce moment précis, projeté à terre par trois policiers, c'est de ne pas perdre ni avaler le dentier de la partie supérieure de sa mâchoire : « En prison, les dents sont un des biens les plus précieux [...]Je ne veux pas rester des années sans dents. » Sa seconde arrestation, en compagnie de l'homme le plus recherché d'Italie, le place alors sous le feu des projecteurs, lui conférant de fait une célébrité plutôt démesurée par rapport à ses véritables faits d'armes.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 5 minutes

Pour aller plus loin…

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Pour la Maison Blanche, la guerre devient un jeu qui tourne en dérision la mort de l’ennemi »

Les images de guerre ont radicalement changé de nature. W. J. T. Mitchell, l’un des grands théoriciens américains des visual studies, décrypte les politiques de l’image qui anesthésient et pourquoi certaines résistent encore aux instrumentalisations.
Par Juliette Heinzlef
Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment
Essai 25 mars 2026 abonné·es

Trahison d’un État protecteur : anatomie d’un ressentiment

Le sociologue Alexis Spire interroge la défiance croissante des gouvernés vis-à-vis de l’État et des politiques de protection sociale, soumises aux attaques des politiques néolibérales.
Par Olivier Doubre
Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »
Entretien 24 mars 2026 abonné·es

Marine Tondelier : « Ce n’est pas parce qu’on a subi des revers électoraux qu’on va baisser les bras »

De la vague verte des municipales de 2020 il ne reste que l’écume. Le second tour des municipales a été une douche froide pour Les Écologistes avec la perte des plus grandes villes, sauf Lyon, et peu de conquêtes. La secrétaire nationale du parti confie sa déception et fustige les divisions de la gauche, sans remettre en cause l’idée d’une primaire de la gauche hors LFI pour 2027. 
Par Vanina Delmas et Lucas Sarafian
Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »
Entretien 16 mars 2026 abonné·es

Ada Colau : « En France comme en Espagne, les gauches doivent se mettre d’accord coûte que coûte »

Après huit ans à la tête d’une équipe municipale qui a transformé Barcelone (2015-2023), l’ex-maire revient sur son héritage politique et appelle les gauches espagnole et française à construire des alliances larges pour stopper l’extrême droite et proposer un projet politique de justice sociale et de paix.
Par Pablo Castaño