L’invitation
dans l’hebdo N° 995 Acheter ce numéro
On sait que les récentes élections espagnoles, qui ont vu la victoire du sortant (« socialiste ») Zapatero, ont été endeuillées par un attentat de l'ETA contre un ancien élu (« socialiste ») basque. On a beaucoup entendu alors sur nos antennes ce commentaire : « ETA s'invite dans la campagne électorale. »
Je me suis alors dit in petto : si l'on ne veut pas qu' « ETA s'invite » , à sa manière indiscutablement brutale, le mieux serait peut-être « qu'on l'invite » ; comprenez : que le parti qui l'exprime ( « la vitrine légale » , comme on dit), Batasuna, qui a dans un passé récent largement prouvé sa représentativité (il a pesé jusqu'à près de 20 % du corps électoral basque), ne soit pas interdit d'expression et de suffrage, comme c'est le cas depuis plusieurs années. Les Basques ne sont pas gens commodes. Ils forment un peuple, réparti des deux côtés des Pyrénées (quatre provinces en Espagne, trois en France), qui a de tout temps revendiqué son identité et refusé de se reconnaître dans l'entité étatique (ou plutôt les deux) qui l'englobe. Si, côté français, la revendication de l'indépendance reste très minoritaire, ce n'est pas le cas en Espagne, où le mouvement pour l'indépendance, fer de lance de la lutte contre le franquisme, est encore puissant et populaire. Franco n'est plus, ni son régime fasciste. Mais la République espagnole ne parvient pas à régler décemment (c'est-à-dire politiquement, démocratiquement) ce qu'on appelle « l'irrédentisme basque » : on réprime, emprisonne et, trop souvent, torture encore dans les prisons et commissariats espagnols. Et l'on refuse donc l'expression politique d'un sentiment national, qui est pour le moins aussi légitime que celui, tiens, au hasard... des Kosovars.
D'où cette violence qui perdure. Cette ETA qui « s'invite » , quand on ne veut pas d'elle. Et malgré l'annonce répétitive des
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