« Nous n’avons devant nous que des solutions extrêmes »

Fatalisme, fuite ou lutte armée : dans la situation économique
et politique de Gaza, la population, surtout les jeunes, n’a guère
d’autre choix. Reportage d’Eugénie Rébillard.

Eugénie Rébillard  • 3 avril 2008 abonné·es

La rue principale de la ville de Gaza, Umar al Mukhtar, qui avait autrefois vocation à devenir le centre économique, est déserte. De nombreux bâtiments sont inachevés, faute de ciment. De temps à autre, une voiture bondée passe. À Gaza, le temps semble s'être arrêté. La quasi-totalité des échoppes ont mis la clef sous la porte; seuls les vendeurs de fruits et légumes sur leurs charrettes tractées par des ânes, bien plus nombreuses que les automobiles, sont encore actifs. La rareté du pétrole paralyse la circulation des Palestiniens au sein de la bande de Gaza, et le prix du baril au marché noir ne cesse d'augmenter. Les quelques voitures fonctionnent maintenant au gaz. Jours sans pétrole, sans électricité, sans pain: l'embargo imposé sur la bande de Gaza affecte tous les secteurs.

Des Palestiniens attendent les tickets de nourriture distribués au guichet de l’UNRWA à Gaza, le 11 mars. FEDOUACH/AFP

Malgré l'entrée de denrées alimentaires, de produits divers et de pétrole lors de l'ouverture des frontières avec l'Égypte en janvier dernier, Um Muhammad, 29 ans, mère de trois enfants, résidant dans le camp d'Al Bureij, n'a pas vu son quotidien s'améliorer : « Les produits sont très chers, personne n'a trouvé de travail, le taux de chômage est toujours aussi élevé. » Um Muhammad et ses enfants vivent de l'aide humanitaire distribuée par l'UNRWA, l'officine de l'ONU chargée des réfugiés ­ farine, huile, sucre. Elle déplore l'absence de médicaments : « Mon fils Adam, âgé d'un an et demi, n'a toujours pas été vacciné, comme tous les enfants de son âge. Personne ne peut nous fournir de vaccins, ni l'UNRWA ni les pharmacies. » L'euphorie née de l'ouverture des frontières aura été donc de courte durée

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Coupe du monde de football : la société civile états-unienne se mobilise contre l’ICE
États-Unis 10 juin 2026 abonné·es

Coupe du monde de football : la société civile états-unienne se mobilise contre l’ICE

Des associations, syndicats et responsables religieux américains se mobilisent contre la présence de la police fédérale de l’immigration, à l’approche de la Coupe du monde de football masculine, qui débute ce 11 juin.
Par Orlando Vinson
Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains
Décryptage 10 juin 2026

Mondial de football : la Fifa ferme encore les yeux sur les droits humains

Par la voix de son président, Gianni Infantino, l’institution organisant la compétition s’aligne sur la politique xénophobe et violente d’un des pays hôtes, les États-Unis. La proximité entre des régimes autoritaires et la Fifa n’est pourtant pas une nouveauté.
Par Martin Eteve
Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »
Entretien 2 juin 2026 abonné·es

Anwar Abu Eisheh : « Aujourd’hui, rester en Palestine, c’est résister »

Celui qui fut ministre de la Culture de l’Autorité palestinienne est né en 1951 à Hébron. Engagé très jeune au sein du Fatah, il a été emprisonné puis contraint à l’exil en France. Il appelle les gouvernements occidentaux à faire pression sur Israël pour que ce pays respecte enfin le droit international.
Par Céline Martelet
Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite
Colombie 2 juin 2026

Colombie : duel présidentiel entre gauche et extrême droite

La Colombie s’apprête à vivre un second tour inédit entre gauche et extrême droite. Si Abelardo de la Espriella a déjoué les sondages en arrivant en tête du premier tour, Ivan Cepeda réalise, à gauche, un score historique qui laisse entrevoir une bataille électorale particulièrement serrée jusqu’au scrutin du 21 juin.
Par Sergio Coronado