7 000 signatures, et maintenant…

Notre appel a déjà obtenu un vrai succès, acquis sans trop de relais médiatiques. Il faut l’amplifier, poursuivre l’effort et envisager la suite.

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Illustration - 7 000 signatures, et maintenant… Avec l’appel «L’alternative à gauche, organisons-la !», lancé dans Politis le 15~mai, il s’agissait d’abord d’obtenir un nombre significatif de soutiens pour vérifier que cette initiative répond bien à une attente. D’ores et déjà, ce pari-là est sur le point d’être gagné. Avec plus de six mille signatures en dix jours, sans aucun relais médiatique ou presque 1, nous avons tout lieu d’être satisfaits. Mais il est indispensable que des milliers d’autres signatures viennent encore en renfort. Il faut aussi que des débats se mènent en région dans les prochaines semaines et que l’écho nous en remonte. Si cette première étape est concluante, nous pourrons alors penser à une grande initiative en septembre. En attendant, dès cette semaine, nous avons choisi de donner la parole à un certain nombre de lecteurs. Et de répondre ici même à quelques critiques. Disons-le tout de suite : les extraits que nous avons choisis ne cherchent aucunement à reproduire des équilibres. S’il s’était agi de cela, les encouragements auraient été de très loin les plus nombreux. Mais c’est aux critiques qu’il nous importe de répondre. Nous avons donc sélectionné un certain nombre de critiques significatives que l’on retrouvera dans le courrier qui suit.

Notre appel est-il de gauche ou d’extrême gauche ?

Avons-nous été «maladroits», comme nous le reproche un lecteur, ou «sournois», comme le suggère un autre, en appelant de nos vœux une «gauche réellement sociale, écologiste et européenne» plutôt qu’une «extrême gauche» ? Il n’y avait là de notre part nul esprit polémique contre qui que ce soit. Ni aucune hiérarchie sur l’échelle de la radicalité. Mais on ne peut analyser semaine après semaine la dérive droitière du PS et continuer de lui reconnaître le label «gauche». L’espace qui se libère est un espace pour une «vraie gauche», pas dans la marge. Cette phrase est de simple logique par rapport à notre analyse de l’évolution du PS.

Illustration - 7 000 signatures, et maintenant…
Dessins par Iconovox/Aurel

Notre appel est-il trop vague ?

Il s’agit, répétons-le, de mettre un certain nombre de gens autour d’une table, et de créer un cadre pérenne d’échanges et de confrontations. Pas question donc de confondre le point de départ et le point d’arrivée. Que le cadre soit large, c’est on ne peut plus voulu. Il y a dans ce texte la place pour des cultures différentes, et des stratégies différentes. Est-il au moins permis d’en discuter quelque part ? C’est le «quelque part» qui nous importe. Jusqu’à preuve du contraire, nous ne nous résignons pas à ressembler au personnage d’Aurel qui affirme, seul : «La gauche, c’est moi !»

Notre appel est-il réservé à ceux qui ont voté «non» au TCE ?

Fallait-il, comme nous y invite notre ami Raoul Marc Jennar, faire du «non» au référendum de 2005 un marqueur «irréfragable» ? Avons-nous eu tort d’accepter parmi les signataires des personnalités qui ont voté «oui» en mai~2005~? Faut-il demander un certificat de bonne conduite électorale à chaque signataire ? Ce serait peu conforme à l’esprit de notre démarche. Même si, sur le fond, Raoul Marc Jennar n’a pas tort. Si nous avions eu un afflux de partisans du «oui», nous aurions pu nous interroger. Mais ce n’est franchement pas le cas. Seules trois ou quatre personnalités parmi les premiers signataires avaient fait ce choix au moment du référendum européen. Et cela ne peut donner à penser que nos convictions ont changé sur ce point.

Notre appel crée-t-il un nouveau parti ?

Notre appel n’est constitutif ni d’un mouvement ni d’un parti. Un lecteur évoque l’exemple de l’ancienne direction d’Attac à laquelle on a prêté, un temps, le projet de transformer l’organisation altermondialiste en parti politique. Politis n’a aucune ambition de ce genre. Promis. Nous avons seulement voulu utiliser notre statut particulier pour permettre que des gens qui ne se voyaient plus guère se revoient, et que des gens neufs se mêlent à des débats nouveaux. Notre appel ne donnerait-il lieu qu’à un cadre de discussion où chacun se respecte que ce serait déjà une première réussite. Pour le reste, c’est une lectrice du Gard qui a écrit la chose la plus sensée : «Cet appel deviendra ce que nous (les lecteurs et militants) en ferons.»

Notre appel et les autres partis…

Il y a une loi physique dans ce type de débat : c’est toujours les plus proches qui sont les plus violents. Notre ami Georges Pons se sent «floué». On se demande bien de quoi ? Il a vu mieux que beaucoup mûrir et éclore ce projet d’appel, sans jamais laisser paraître l’ombre d’une restriction. Les derniers éditos de Politis (nos~1000 et~1001) étaient d’une transparence totale. Mais ce que nous ne pouvons pas laisser dire, c’est que tout cela serait tourné contre la LCR, «organisation honnie». Nous souhaitons profondément que la LCR s’associe à notre initiative. Mais, d’expérience, nous savons qu’il est vain de lutter contre les soupçons, surtout mêlés d’affectivité. À propos de soupçons, il y en a un autre qui fait fort, c’est J. R. Velveth. Il nous révèle toutes les manipulations dont nous avons été victimes ou complices, et prévoit les conséquences de notre appel au moins jusqu’en 2012. Ce n’est plus de la politique, c’est de l’astrologie. Mais l’humour fait passer bien des excès.


  1. Seuls l’AFP et l’Humanité ont rendu compte substantiellement de notre initiative. Mais l’avenir nous réserve peut-être des surprises. 


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