Dominées par le système

Dans « De gré ou de force », la sociologue Jules Falquet analyse la violence spécifique du néolibéralisme contre les femmes. Une emprise aussi bien physique que mentale.

Jean-Baptiste Quiot  • 17 juillet 2008 abonné·es

De gré ou de force, les femmes dans la mondialisation , de la sociologue Jules Falquet (qui a choisi, à 17 ans, de se donner un prénom d’homme), est un livre sur la violence. Pas n’importe laquelle. Celle dont use un système pour dominer. Celle, en l’occurrence, de la mondialisation néolibérale. Et cette violence-là a une particularité : elle est « genrée » . Jusque dans sa dimension la plus saillante, c’est-à-dire la « guerre contre le terrorisme », la violence du néolibéralisme se fonde, pour la sociologue, sur des mécanismes de contraintes des femmes. Mais le droit des femmes n’est-il pas justement un des critères de la « démocratisation », une des justifications du modèle libéral ? « Les discours sur les femmes sont manipulés pour diaboliser l’adversaire, écrit la chercheuse. Pour la construction par l’“Occident” de l’altérité comme “orientale”. » Surtout, « contrairement aux discours qui tentent de nous faire croire à une amélioration globale du sort des femmes, on assiste en réalité à un durcissement des rapports sociaux de sexe et à une

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »
Entretien 22 avril 2026 abonné·es

Pinar Selek : « La mobilisation des Kurdes a créé d’autres possibles au sein de l’espace turc »

La militante féministe et libertaire turque, sociologue à l’université de Nice, raconte sa découverte de la question kurde en Turquie, lutte qui a été pour elle une école d’émancipation individuelle et collective. Et qui lui vaudra incarcération et tortures, avant l’exil en France. Dans son livre Lever la tête, elle témoigne des persécutions subies.
Par Olivier Doubre
« Pourquoi les auteurs ont-ils attendu plusieurs années pour partir de Grasset ? »
Entretien 17 avril 2026 libéré

« Pourquoi les auteurs ont-ils attendu plusieurs années pour partir de Grasset ? »

Fondateur de la maison indépendante et engagée Agone, Thierry Discepolo revient sur l’affaire Grasset et dénonce les effets de la concentration capitalistique dans l’édition.
Par Olivier Doubre
Des poètes pour sauver le monde
Idées 17 avril 2026 abonné·es

Des poètes pour sauver le monde

Aurélien Vandal s’interroge sur le pouvoir de la poésie face aux souffrances, aux inégalités et à l’oppression. Dans un ouvrage très original, il propose huit portraits et textes de « veilleurs » dont les vers apportent un espoir de résistance aux dominations.
Par Olivier Doubre
Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas