Entre les murs : Quand un film élève la réflexion
Récompensé à Cannes par la Palme d’or, le beau film de Laurent Cantet « Entre les murs » sort au cinéma alors qu’un vaste débat sur l’école agite la société. Cette œuvre y participe, suscitant des réactions contrastées.
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Lui, c’est M. Marin, la trentaine, professeur de français dans un collège de l’est parisien. Eux, ce sont les élèves d’une quatrième du même collège, entre 13 et 15 ans, ses élèves pour quelques heures par semaine, et pour une année scolaire. Les murs du titre sont ceux de l’établissement, mais surtout ceux de la classe, où se déroule l’essentiel du film, autrement dit du face-à-face, de la confrontation. Le mot n’est pas trop fort, confrontation, à entendre davantage dans son acception sportive que guerrière. Laurent Cantet filme un match en plusieurs manches, avec ses règles connues de tous, où les protagonistes sont tour à tour partenaires, adversaires, où le seul adulte est aussi, et tout autant, arbitre qu’entraîneur. Inutile de dire qu’il s’agit d’être en forme. Le prof a pour lui la situation de pouvoir, le savoir, une certaine expérience, et c’est lui qui impose le thème de chaque partie. En théorie. Seulement en théorie.
François Bégaudeau, auteur du livre « Entre les murs », joue son rôle de prof dans le film de Laurent Cantet. HAUTETCOURT
Les élèves ont pour eux l’énergie du nombre, de l’enfance, de l’impertinence, parfois du refus. Ils ont aussi contre eux ce qui s’appelle des handicaps, symbolisés dans une des premières scènes par leur ignorance de la signification de mots comme « désormais » ou « Autrichienne ».
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