Le fantasme des enfants convenables

Pour prolonger le dossier de « Politis » sur la bioéthique,
le biologiste et membre de la Fondation Sciences citoyennes Jacques Testart explore le « panier bioéthique cuvée 2008 » pour en tirer le sujet qui lui paraît le plus grave : le risque de sélection des embryons.

Jacques Testart  • 4 septembre 2008 abonné·es

Qui décide des thèmes dignes d’alimenter la bioéthique à chaque moment ? Pendant les années qui ont suivi la naissance de la brebis Dolly (1996), le sujet grave fut le clonage humain. Pourtant, aucun lobbyiste sérieux ne proposait le recours à cette façon périlleuse, simpliste et indigne de reproduire les humains ! Seuls quelques charlatans comme le gynécologue romain Antinori et l’extraterrestre Raël y trouvèrent matière à publicité. Exit le clonage reproductif, le sujet grave de l’heure est la « recherche sur l’embryon », avec cette fois des pressions médico-scientifiques. Et alors ? Qu’on demande à ceux-là de démontrer par l’expérimentation animale que le sujet est mûr et prometteur plutôt que taquiner le catho gratuitement ! Car notre embryon connaît les mêmes lois que celui de n’importe quel mammifère, et le miracle médical promis est improbable si on est incapable d’abord d’une

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