Une mosquée… mais pas de syndicat
Dans « Dernier Maquis », situé dans une usine de la grande banlieue parisienne, Rabah Ameur-Zaïmeche filme les rapports de forces au sein du monde du travail, croisant l’opposition de classes et la religion.
dans l’hebdo N° 1023 Acheter ce numéro
L'un des films français les plus forts de cette année, Dernier Maquis, a été tourné avec un tout petit budget, sans chaîne de télévision, sans même l’avance sur recettes [^2]. Sur le papier, ce sont des conditions financières que la plupart des producteurs jugeraient impossibles, et qui les empêcheraient de s’engager dans une telle aventure. Pourtant, le film non seulement existe, mais, à l’écran, ne fait pas cheap , bien au contraire. C’est que son réalisateur, Rabah Ameur-Zaïmeche, en est aussi le producteur, par l’intermédiaire de sa société, Sarrazink productions, et qu’il a su adapter l’esthétique du film à son économie. Autrement dit, Rabah Ameur-Zaïmeche, en apportant un démenti à la logique économique en vigueur dans le cinéma, a réussi à renverser le rapport de forces qui devait le dominer. Ici, tout est cohérent. Car cette petite histoire du film est emblématique de ce qu’il met en scène : les rapports de forces au sein du monde du travail. Plus précisément dans une usine de palettes, ces objets sans noblesse servant à transporter les marchandises (tout un symbole), située quelque part dans la grande banlieue parisienne. Si les documentaires à thèmes sociaux abondent – au point
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