« Dans le bois, je suis chez moi »
Six sans-abri ont été retrouvés morts en région parisienne depuis le 22 novembre, dont trois dans le bois de Vincennes. Deux cents personnes y vivraient actuellement, tandis que débute une mission d’Emmaüs.
dans l’hebdo N° 1029 Acheter ce numéro

Quiconque marche sur l’avenue Daumesnil, à l’orée du bois de Vincennes, aux portes de Paris, peut apercevoir ces quelques abris de fortune que les arbres déshabillés par l’automne ne cachent plus. Sous une tente marabout, à deux pas de la route, une table est dressée : une bouteille ouverte et un ballon de vin rouge. Un égouttoir à vaisselle, lesté de deux assiettes, tient en équilibre entre deux troncs. Le feu brûle, réchauffant les habitants. L’endroit est relativement propre, entretenu quotidiennement. Deux sans-domicile fixe se partagent le terrain. On parle peu. Celui qui vit dans une tente semble terré dans son mutisme. Son voisin, Nathan Meil, s’est construit une cabane. Bâtie de bric et de broc avec des branches, des mousses de camping, des matelas et des bâches, elle forme une sorte de maison carrée. À l’intérieur, contre toute attente, il fait chaud. Nathan a récupéré un chauffage à gaz. Il a séparé sa bicoque en deux pièces : une salle à manger et une chambre à coucher. Il refuse que l’on prenne des photos car, aujourd’hui, il n’a pas eu le temps de ranger. « Mais revenez demain, ce sera plus propre » , lâche-t-il avec son sourire édenté. « Ici, c’est la liberté » , avoue
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