La gratuité, arme anticapitaliste
Paul Ariès, politologue et l’un des penseurs de la décroissance, défend l’idée d’une société de la gratuité, puissant levier de transformation sociale.
dans l’hebdo N° 1032-1033 Acheter ce numéro
Vous revendiquez une « révolution par la gratuité », qui deviendrait le pilier d’une société post-capitaliste : provocation… gratuite ? Paul Ariès : L’intérêt de la gratuité, c’est de rendre désirable le projet d’une nouvelle société. Face à la crise du système, les écologistes et la gauche proposent des « interdits » verts ou rouges – une décroissance faute de mieux, la coercition réglementaire, etc. Mais c’est insuffisant : il faut rompre avec un capitalisme qui rabat le désir sur la consommation, et compense l’insécurité qu’il génère par le « toujours plus ». Pour une alternative à gauche, il faudra concilier les contraintes environnementales, la justice sociale et le besoin de reconnaissance