Camif : un catalogue de propositions

Les initiatives se multiplient après la liquidation de la Camif Particuliers. Une association
d’ex-salariés, une centrale d’achat de l’économie sociale et un groupe privé sont sur les rangs.

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Encore fumantes, les ruines de la Camif sont très convoitées. Après la liquidation de Camif Particuliers en octobre 2008 (800 salariés) et la mise en redressement judiciaire de Camif SA, la maison mère, les projets avancent à pas discrets, annonce un des acteurs du dossier. La disparition de la célèbre ­coopérative de consommateurs créée en 1947 pour le monde enseignant, l’un des fleurons de l’économie sociale, n’a pas laissé indifférente la Centrale d’achats de l’économie sociale (Cades), un groupement de 25 sociétés coopératives issues notamment de comités d’entreprise, dont ceux de la Banque de France, de France Télécom et de La Poste.

Son président, Patrice Sifflet, est venu présenter les intentions de la Cades à Niort, le 16 février, devant les ex-salariés de la Camif qui ont créé l’Élan coopératif niortais, une association regroupant 250 adhérents et soutenue par les élus locaux et la chambre régionale de l’économie sociale de Poitou-Charentes. Installée dans un local prêté par la mairie, l’association a dans ses cartons une douzaine de projets : « Celui d’un ancien chef de produit de la Camif, Jean-Luc Joly, est actuellement poussé par l’association, explique Isabelle Heurtebise, sa présidente. Jean-Pierre Martin, qui préside la chambre régionale, ajoute qu’il s’agit d’un « site Internet destiné à la commercialisation de produits. Il veut rassembler des structures économiques indépendantes autour d’une société coopérative d’intérêt collectif. Il a été validé par l’association et présenté au préfet, à la mairie, à la communauté d’agglomérations et à la région ».

De son côté, Patrice Sifflet espère « reconstituer » une coopérative dès cette année. « Nous disposons d’un catalogue de vente à distance et nous regroupons 75 comités d’entreprise. Notre action restera modeste. On n’a pas la possibilité de recréer une Camif et d’embaucher 1 000 personnes. Mais on veut démontrer que le système coopératif est toujours valable et que c’était une erreur de confier la Camif à un fonds de pension capitaliste. » Créée il y a trois ans, la Cades fournit meubles, vêtements, linge de maison et appareils électroménagers aux salariés des comités d’entreprises. Hors catalogue, elle réalise dans ses magasins environ 50 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, six fois moins que Camif Particuliers.

La Cades a été approchée par le gouvernement avant la liquidation de Camif Particuliers pour racheter la société en difficulté, pour 100 millions d’euros, ce qu’elle a refusé : « C’était trop » , dit Patrice Sifflet. Pour Jean-Pierre Martin, le sort de la Camif réserve d’autres surprises : de mystérieux entrepreneurs sont également intéressés. Matelsom, « leader de la vente en ligne de literie » , serait sur les rangs. Optimiste, Patrice Sifflet table déjà sur la création d’une coopérative dès juin et l’envoi en octobre d’un premier catalogue aux enseignants, commun aux autres coopératives de la Cades.
Sur le papier, les idées ne manquent pas. Reste à les concrétiser. Isabelle Heurtebise est convaincue qu’il y a une forte volonté de créer une ­coopérative « de salariés, dirigée par des salariés ». Mais ce n’est pas gagné.


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