La faculté de protester

La mobilisation contre la réforme universitaire proposée par le gouvernement prend de l’ampleur.
Rencontre avec des étudiants-chercheurs qui témoignent des menaces qui pèsent sur leur statut.

Ingrid Merckx  • 12 février 2009 abonné·es

Le corps universitaire est sous le choc. La cause : la réforme du décret de 1984 régissant le statut des enseignants chercheurs (EC). Cette réforme prévoyant de diminuer la charge d’enseignement des EC jugés les plus performants en matière de recherche, sur des critères unanimement contestés, mobilise de manière inédite dans un milieu réputé individualiste et peu politisé. Pour une fois, le mouvement est parti des enseignants : réunis en coordination nationale des universités depuis le 22 janvier, en grève illimitée depuis le 2 février, ils sont actuellement rejoints par les étudiants. Sauf l’appel de la Sorbonne, lancé le 9 février, par 9 présidents et vice-présidents d’université, ils ont reçu peu de soutiens de leur hiérarchie.

Quatre présidents, dont le généticien Axel Kahn, se sont prononcés (le Monde du 30 janvier) pour une réforme du statut de 1984, dépassé, selon eux, parce qu’il ne prend plus en compte l’ensemble des activités assurées par les EC : recherche, enseignement et pilotage. Ils ont néanmoins rejeté le texte de Valérie Pécresse, qui peut « donner à penser qu’un mauvais chercheur est un bon enseignant » et présente l’enseignement « comme une punition ». Le 7 février, sur une chaîne de radio, Axel Kahn a même invité Nicolas Sarkozy à retirer la réforme, « mal emmanchée » et assortie de suppressions de postes. Ce que l’éminent généticien – heureux président de Paris-V, faculté renflouée par le Plan campus – a omis de signaler, c’est que ce décret n’était que l’une des conséquences de la Loi sur l’autonomie des universités (LRU), dont découlent la controversée masterisation, la fin du caractère national des diplômes, le démantèlement des organismes publics de recherche, l’externalisation de certains

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Dans le 93, des enseignants bientôt empêchés de mutation ?
Enquête 10 juin 2026 abonné·es

Dans le 93, des enseignants bientôt empêchés de mutation ?

Le ministère de l’Éducation nationale a décidé de supprimer le statut politique de la ville (PLV) de vingt établissements de Seine-Saint-Denis. Une décision qui risque de pénaliser les élèves en accélérant le départ de nombreux professeurs.
Par Bérénice Paul
Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales
Histoire 10 juin 2026 abonné·es

Guerre civile en Espagne, répercussions mondiales

Le coup d’État franquiste divise les nations, entre aide déclarée des dictatures aux insurgés et soutien timide des démocraties au gouvernement légal de Madrid, annonçant les clivages de la Seconde Guerre mondiale.
Par Olivier Doubre
À Toulouse, la mémoire vivante de l’exil républicain espagnol
Reportage 10 juin 2026 abonné·es

À Toulouse, la mémoire vivante de l’exil républicain espagnol

Dans la Ville rose, des associations œuvrent à la conservation et à la reconnaissance de l’histoire des réfugiés antifranquistes. Une nouvelle génération s’empare de cette mission, à la lumière des luttes antifascistes actuelles.
Par François Rulier
1936, les débuts d’une première globalisation ?
Histoire 10 juin 2026

1936, les débuts d’une première globalisation ?

Le Front populaire incarne en France la victoire du peuple de gauche, ses mobilisations et des avancées sociales sans précédent. Mais c’est aussi le moment, il y a tout juste 90 ans, où les débats politiques nationaux ne peuvent plus ignorer les questions internationales. Face à la montée des fascismes, les gauches du monde entier réagissent.
Par Olivier Doubre