Déf-Nat
dans l’hebdo N° 1044 Acheter ce numéro
Domaine réservé
C’est en 1966 que le général de Gaulle était sorti de l’Otan comme un vieillard en sort (oui, bof…), et c’est en sale gamin capricieux que Nicolas Sarkozy y rentre, en 2009. Je veux dire : dans les deux cas, la porte qui claque ou la porte qu’on rouvre, c’est encore et toujours la décision souveraine d’un homme seul, qui n’engage rien de moins (en principe) que la vie ou la mort du peuple souverain (souverain à deux balles, sur le papier jauni des déclarations solennelles et constitutions censées régir la vie nationale de notre République, classez ça, je vous prie, dans le tiroir « Domaine réservé », ou fourrez-le dans votre poche citoyenne avec votre mouchoir par-dessus).
Le premier – fort d’un passé glorieux, d’une légitimité populaire inégalée et d’une vision quasi mystique de la France éternelle – entendait rendre à la patrie une liberté d’action mise sous le boisseau par les seuls vrais vainqueurs occidentaux de la guerre mondiale, deuxième du nom, impérieux tuteurs de leur camp, y compris par l’occupation physique (même si amicale) du territoire de leurs alliés : pas d’indépendance possible dans cette situation, pensait le Général ; le second – certes bénéficiant de l’onction du suffrage, mais vite considéré comme un jean-foutre par une majorité croissante de ses concitoyens –poursuit son rêve américain commencé tout petit avec ses copains de drugstore : point de salut hors l’Empire, il n’est bon bec que de Washington,