Christian Prigent

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Dans la très belle collection « les Singuliers » des éditions Argol, qui restitue les circonstances de création et d’émergence d’une œuvre littéraire et d’un écrivain au travers une interview fleuve, ici menée par Bénédicte Gorrillot, et des archives écrites et photographiques, paraît Ch ristian Prigent, quatre temps . « Quatre temps », pour décliner « D’où ça vient » , « Comment c’est apparu » , « Comment c’est fait » et, enfin, « De quoi ça parle ». Les lecteurs de Christian Prigent seront enchantés par cet « album » de souvenirs (auto)critiques, qui retrace un parcours né au sein des avant-gardes, au long duquel le poing fermé du poète, prêt à la révolution littéraire, s’est peu à peu ouvert sans rien céder sur son exigence à inventer sa propre langue. Pour ceux qui n’ont jamais lu Prigent, ce livre constitue non seulement une introduction incitative à la lecture de Commencement, de Ceux qui merdRent ou de Grand-mère Quéquette , mais il permet aussi d’aborder avec un souci pédagogique constant des questions esthétiques cruciales telles que : Qu’est-ce qu’un auteur ? Qu’est-ce que l’invention littéraire ? Ou encore, comment le sens se loge dans la forme ? À ce propos, Christian Prigent a cette réponse lumineuse : « C’est la forme du texte qui fait sens. […] C’est dans un certain effet de phrasé, dans le rythme, la vitesse et la condensation de ce phrasé, que résident la portée et le sens d’un geste d’écriture. Parce que le sens de ce geste (ce qui l’impulse, ce qui le modèle, ce qu’il cherche à produire comme effet) s’incarne dans une puissance rythmique d’arrachement au lieu commun et dans la proposition d’une vision inouïe, adéquate à la singularité de l’expérience. Si un texte ne nous donne pas la conscience sensorielle que son sens se constitue de la manière que je viens de dire, il n’est qu’enfilade de significations et son intérêt s’épuise à mesure que défile, insipide, cette enfilade. »


Christian Prigent, quatre temps, Christian Prigent, avec Bénédicte Gorrillot, Argol, 250 p., 26 euros.

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