Violences sociales : à qui la faute ?
Dégradations, séquestrations, blocages : des salariés réagissent aux licenciements injustes .Les exigences des actionnaires et les salaires faramineux des grands patrons exacerbent la révolte. Ces insurgés rejettent le discours affirmant que personne n’est responsable des décisions économiques.
dans l’hebdo N° 1050 Acheter ce numéro

Et maintenant, les voilà eux aussi « voyous ». Pas les patrons de Continental, ni de Caterpillar, ni d’autres groupes industriels, mais des salariés. Interpellations et déferrements ont lieu un peu partout en France, pour des dégradations volontaires, des séquestrations de quelques heures et pour de banals blocages d’usine. Ces actions « coups-de-poing » très médiatiques ont déclenché récemment une riposte gouvernementale, avec à sa tête un Nicolas Sarkozy affirmant qu’il ne « laisserait pas faire ». Le Premier ministre, François Fillon, n’est pas en reste et a réclamé des poursuites judiciaires contre les fauteurs de trouble. Au passage, l’attitude des médias et des politiques, accusés de mettre l’huile sur le feu, est montrée du doigt.
Pourtant, ces gestes désespérés sont à mettre en rapport avec ce que subissent les salariés quand ils perdent leur emploi. Ils sont « face aux décisions violentes des actionnaires qui sacrifient la vie des salariés et