Controverses
dans l’hebdo N° 1051 Acheter ce numéro
Le Cardinal
En ce lundi matin, où je me colle à mon ouvrage hebdomadaire, on parlait beaucoup, dans les radios, du sieur Dieudonné. Ça faisait longtemps. Il était question de lui interdire de se présenter aux élections européennes (dont tout le monde se contrefout par ailleurs, notez, sauf les candidats) à la tête d’une liste « antisémite » pour les uns (Fogiel sur Europe, par exemple), « antisioniste » pour d’autres (Drouelle sur Inter, notamment). C’est le très puissant Claude Guéant, dit « le Cardinal », qui a fait savoir qu’on étudiait la question en haut lieu – sa possibilité légale, car on est quand même encore en République, non ? Ce qui laisse entier le problème de la qualification de l’éventuelle liste en question : antisioniste ou antisémite ?
On sait que depuis quelque temps (en gros depuis que l’opinion, jadis acquise à Israël, est peu à peu devenue pro-palestinienne, devant l’évidence des souffrances et des injustices subies par un peuple écrasé sous le joug d’un État colonial et raciste), la tendance (lourde), sur la pression du lobby sioniste, est d’assimiler les deux termes. Histoire de discréditer la légitime critique de l’État voyou en question en lui collant l’infamante étiquette. Cette bataille sémantique, sur laquelle il convient de ne pas céder un pouce de terrain, est menée notamment par cette institution soi-disant représentative de la communauté juive française, devant laquelle la quasi-totalité de la classe politique française se croit obligée de se prosterner rituellement. Le Crif, pour ne pas le nommer – et pour prendre un seul exemple, que suggère une pénible actualité : le procès de Fofana, l’assassin d’Ilan Halimi –, avait