Vroum, vroum !
dans l’hebdo N° 1052 Acheter ce numéro
Messes
Deux grands-messes successives sont célébrées chaque dimanche matin sur France Culture : celle de l’Église catholique, qui nomadise d’une paroisse à une autre ; celle, laïque et républicaine, que célèbre en son studio-chapitre de Radio France le chanoine Philippe Meyer. On passe de l’une à l’autre en un enchaînement musical harmonieux et comme naturel : un peu comme on passait naguère, dans la vie réelle et dominicale de la bourgeoisie provinciale, de l’église à la pâtisserie. C’est ici à la seconde que je me réfère [^2]. J’essaye de ne pas la rater trop souvent, tant ses échanges policés entre têtes pensantes du même monde, aux différences inscrites dans ce cercle étroit qu’on dit « de la raison » (l’expression est de Minc, je crois) – c’est-à-dire qu’on y balance harmonieusement du centre droit au centre gauche, en faisant mine parfois de se porter quelque nasarde sans conséquence –, sont représentatifs de cette classe politico-médiatique dont la satisfaction qu’elle a d’elle-même ronronne à mille lieues de la vraie vie : la langue étant plutôt choisie, et fréquent l’emploi du subjonctif, on prend à leur écoute une sorte de plaisir pervers. Le comble de la différence entre ses officiants réguliers (six ou sept, toujours les mêmes, qui se relaient autour du maître de cérémonie) relève de l’opposition entre un ex-bayrouiste désormais sans appartenance revendiquée à un ex-chevènementiste rallié à Sarkozy. Le premier – Jean-Louis Bourlanges – est un européiste de toujours un peu revenu de ses enthousiasmes d’antan (et de Strasbourg, où il siégea un temps) ; le second – on a reconnu Max Gallo –,