Comment on criminalise un peuple
Des associations de défense des droits de l’homme dénoncent un durcissement de la politique de l’État chilien à l’égard des Indiens mapuches.
dans l’hebdo N° 1058 Acheter ce numéro

L’affirmation n’est pas à prendre à la légère. Surtout quand elle émane d’un exilé politique victime de la dictature chilienne : « Il reste beaucoup à faire au Chili pour le respect de la démocratie et des droits des Mapuches » , assène Héctor Zavala, président du Collectif pour les droits de l’homme au Chili. Une analyse qui trouve un écho certain après la révolte des Indiens d’Amazonie au Pérou voisin (voir Politis n° 1057). Les Mapuches veulent récupérer leurs terres ancestrales, aujourd’hui majoritairement aux mains d’entreprises minières et forestières [^2]. À ce jour, 50 militants mapuches sont détenus et 15 autres en attente d’un procès, selon les associations franco-chiliennes. Réunis le 29 mai à Paris pour dénoncer « la criminalisation de la lutte du peuple mapuche » , les Indiens ont tenté d’interpeller Michelle Bachelet, la chef de l’État chilien en visite en France. En vain.
« Les peuples indigènes et les personnes qui les défendent restent en butte à des violations de leurs droits fondamentaux », observe le rapport 2009 d’Amnesty