Pierre Paulin

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Avec Pierre Paulin (9 juillet 1927-13 juin 2009), disparaît l’un des plus grands designers de la seconde moitié du XXe siècle, dont pourtant le nom n’est connu par le grand public que depuis quelques années seulement. Maître d’œuvre de l’intérieur du palais de l’Élysée pour Pompidou, puis du bureau présidentiel de Mitterrand (ce que les médias, depuis l’annonce de sa mort, semblent avoir essentiellement retenu de sa carrière), Pierre Paulin était d’un caractère farouche, indépendant, intransigeant parfois. Très impressionné par le travail des designers anglo-saxons au sortir de la Seconde Guerre mondiale (ceux des pays nordiques, comme le Finlandais Eero Saarinen, ou des États-Unis, comme Ray et Charles Eames), il avait réussi à marier fonctionnalisme et élégance, austérité et douceur, dans des pièces d’une modernité incroyable dans le paysage du design français des années 1950 et 1960. Des fauteuils comme le Mushroom (1959) ou le canapé Amphis (1967) ont été salués dans le monde entier (à New York au MoMa, à Osaka…). Nombre des productions du designer ont aussi été contrefaites à l’envi. Pierre Paulin, qui a travaillé autant pour des commanditaires privés que publics (le Louvre, le Mobilier national), a créé, dans les années 1970, une agence de design industriel, qu’il a quittée à la fin des années 1980 pour se retirer dans les Cévennes, avant d’être redécouvert comme jamais au début des années 2000. La première rétrospective française de son œuvre eut lieu en 2008, aux Gobelins. Nul doute que d’autres manifestations de grande ampleur lui seront consacrées dans les temps à venir, un peu trop tard, malheureusement.


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