Sale affaire dans le milieu du nettoyage
Les patrons du secteur de la propreté sont engagés dans une concurrence acharnée où le dumping social domine. Premières victimes : les régies de quartier, des associations qui agissent en faveur de l’insertion.
dans l’hebdo N° 1059 Acheter ce numéro

Conférence de presse à Paris, déclaration commune signée avec les syndicats et adressée au gouvernement, demandant que cesse une « concurrence commerciale et sociale quasi déloyale et parfaitement inacceptable » : la puissante Fédération des entreprises de propreté et services associés (FEP) fait feu de tout bois ! Une terrible menace pèserait en effet sur les 17 000 entreprises et leurs 400 000 « travailleurs de l’ombre » que sont les salariés du nettoyage – au demeurant « surexploités » , comme l’ont dénoncé il y a quelques années des collectifs syndicaux.
L’origine de cette menace ? De très modestes régies de quartier accusées d’être subventionnées, d’employer des RSA et de ne pas appliquer la convention collective des entreprises de nettoyage… Bref, de ne pas respecter la concurrence libre et non faussée qui règne dans ce milieu. « 60 régies environ sur les 130 développent des prestations de nettoyage comme support d’insertion. Il est surprenant qu’une puissante fédération s’en prenne à un dispositif de lutte contre les exclusions, s’étonne Zinn-Din Boukhenaissi, délégué général du Comité national de liaison