Grandeur et décadence du Quai d’Orsay
La politique étrangère de la France s’inscrit de plus en plus dans le sillage américain. Devant les ambassadeurs réunis à l’Élysée, Sarkozy a de nouveau justifié son allégeance à l’Otan. La réforme des Affaires étrangères opère des coupes sans précédent dans les budgets culturels.
dans l’hebdo N° 1066 Acheter ce numéro

Depuis dix-sept ans, la traditionnelle conférence des ambassadeurs sonne la fin des vacances politiques. Elle donne l’occasion au président de la République d’affirmer sa « vision du monde » et de fixer les priorités de la diplomatie française. Mercredi dernier, Nicolas Sarkozy n’a pas dérogé à la règle. Il avait commandé à sa fidèle plume Henri Guaino – qui, comme lui, ne porte pas les diplomates dans son cœur – un discours « offensif et de gauche ». Après avoir souhaité la bienvenue aux membres du gouvernement, du Parlement et à « ses Excellences » les ambassadeurs, Nicolas Sarkozy a salué son « cher Michel » (Rocard), installé au premier rang.
Ponctuée d’autant de coups de menton, de clairon et d’épaule, l’allocution a commencé par s’en prendre à tous les « irresponsables » qui ont plongé le monde dans la crise économique la plus grave depuis celle de 1929. S’exprimant devant « le tribunal de l’opinion publique internationale » , Nicolas Sarkozy a prévenu que « la France sera intraitable » pour remettre de l’ordre dans la jungle financière, annonçant le prochain sommet du G20 à Pittsburg (24-25 septembre) comme celui de la fin de l’histoire, entendue comme une mise au pas « définitive » du capitalisme sauvage. Les banques américaines, suisses et la BNP sont prévenues, et les profiteurs