Précautions
dans l’hebdo N° 1066 Acheter ce numéro
Prophylaxie
Le problème, avec ce principe de précaution (désormais inscrit dans la Constitution) mis à toutes les sauces – de l’interdiction des antennes-relais pour téléphones aux gilets fluo obligatoires en passant par les alertes météo, les tracasseries administratives sur les huîtres ou les moules, ou les fromages à pâte molle, et que sais-je encore ? Est-il un seul compartiment de la vie de chacun qui ne soit bardé de réglementations plus ou moins contraignantes ? –, le problème est qu’on ne sait jamais, par définition, si la précaution a été utile ou pas. Par exemple : fallait-il sacrifier tant de troupeaux bovins à la menace d’une épizootie d’encéphalopathie spongiforme pour quelques cas isolés de cette maladie dite de la vache folle ? Et cette précaution appliquée à grande échelle a-t-elle efficacement enrayé le mal et surtout empêché la multiplication, par transmission alimentaire, des cas humains de maladie dégénérative de type Creutzfeldt-Jakob ? Ou s’est-on affolé pour pas grand-chose, au grand dam des éleveurs et pour le malheur de toute une filière ( idem pour la grippe aviaire) ? Ainsi de cette grippe en vedette aujourd’hui qui fut d’abord mexicaine et porcine avant d’être rebaptisée de façon plus neutre et politiquement correcte : grippe A, porteuse du virus H1N1.
C’est peu de dire qu’on nous en fait tout un plat. La télé nous assomme de recommandations quotidiennes, nous apprend comment se laver les mains et nous enjoint de tousser dans nos manches (pourquoi pas aussi se moucher du coude, hein ?). On menace de fermer écoles, bureaux et usines au moindre éternuement, il sera bientôt interdit de faire la bise à la Fanny, les rugbymen vont sûrement devoir renoncer à leurs mêlées viriles, le masque deviendra sous peu