Résurgence de l’effroi

Avec « Des hommes », Laurent Mauvignier raconte l’inaltérable effet destructeur de la guerre d’Algérie sur ceux qui l’ont vécue.

Christophe Kantcheff  • 3 septembre 2009 abonné·es

Depuis ses premiers livres, Laurent Mauvignier travaille sur la parole retenue, contenue, celle qui hante, corrode, incapable d’atteindre l’autre, ou grosse de désillusions et de malentendus. Il n’est donc pas étonnant que l’auteur de Dans la foule [^2] se soit attelé à la guerre d’Algérie, ou plus exactement à ce que les appelés ont vécu là-bas et n’ont pas su ou pu raconter à leur retour, à ceux qui de toute façon n’auraient pas supporté leur récit. Les personnages de Des hommes , quand l’histoire commence, ont plus de 60 ans. Ce sont en particulier deux cousins qui ne s’apprécient guère : Rabut, le narrateur, et Bernard, ou plutôt Feu-de-Bois, son surnom dû à l’odeur qu’il dégage, où se mêlent la crasse, les effluves de vin et des relents d’urine, un marginal qui vit, dit Rabut, « aux crochets des autres ».

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Culture
Temps de lecture : 5 minutes