Un espoir pour les exclus du chauffage
Alors que douze millions de personnes se chauffent mal – ou pas du tout – en France, le gouvernement semble prêt à s’attaquer à cette forme de précarité. Un groupe de travail élabore des propositions.
dans l’hebdo N° 1072 Acheter ce numéro

Le gouvernement reconnaît enfin l’existence d’une précarité énergétique, et l’urgence de s’y attaquer. Un groupe de travail a été constitué pour élaborer un plan d’action d’ici au 15 décembre, comprenant des associations qui expriment leur satisfaction [^2]. Et, en janvier, la France se dotera d’un observatoire. Ces annonces ont été faites par Valérie Létard, secrétaire d’État au développement durable, lors d’un séminaire organisé le 8 octobre à Paris pour rendre compte du programme européen Epee, sur la précarité énergétique, lancé en 2007 en Belgique, en Espagne, en France, en Italie et au Royaume-Uni. Le terme a commencé à prendre ses quartiers en France il y a trois ans à peine, à mesure que les pouvoirs publics prenaient conscience de la montée d’une forme nouvelle de fragilisation des foyers modestes : le manque de moyen pour chauffer décemment leur logement. « Mais c’est la croix et la bannière pour faire un état des lieux, il faut bricoler et croiser des données éparses » , explique Sandrine Buresi, directrice de l’association Gefosat, à Montpellier. La ville de Besançon, alertée par ses services sociaux, a dû disséquer les chiffres départementaux du Fonds solidarité logement pour constater que les aides au paiement des factures d’énergie avaient augmenté de 20 % par an depuis 2005. En France, 12 millions de personnes à faibles ressources pourraient être concernées, estime le réseau Rappel, qui