Ce n’était rien qu’un peu de soupe…

Chaque soir, plusieurs centaines de personnes patientent devant le cimetière du Père-Lachaise,
à Paris. Toutes partagent le même besoin : recevoir une aide alimentaire. Reportage.

Antoine Vezin  et  Laurence Texier  • 26 novembre 2009 abonné·es
Ce n’était rien qu’un peu de soupe…

Les derniers touristes quittent les allées du Père-Lachaise. D’autres visiteurs investissent les abords du célèbre cimetière de l’Est parisien. Ils viennent pour la distribution alimentaire organisée par Cœur de Paris, association gérée par le Centre d’action sociale de la ville de Paris (CASVP). Un millier de repas sont distribués chaque soir au 21, boulevard de Ménilmontant, sous les inscriptions latines ornant les grilles du Père-Lachaise. Sur la place en arc de cercle, dès 18 h 30, patientent des personnes de tout âge, en groupe, en famille ou seules. Objet : avaler une soupe chaude ou emporter de quoi dîner. La distribution ne débute pas avant 19 h 30. Mais les premiers arrivés seront les premiers ­servis. Et la place commence déjà à se remplir.

Mohammed rejoint la file d’attente. Son épouse aussi, quelques mètres plus loin. « Les hommes attendent ici, les femmes là-bas » , explique-t-il, bien rodé au fonctionnement de cette distribution de rue. Et personne ne déroge à la règle. Seuls une dizaine d’enfants chahuteurs viennent rompre l’organisation quasi militaire, le temps d’un jeu entre les groupes compacts. Mohammed a

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Société
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