La fille de l’air et le prince charmant, conte de fées à la mode gitane

Laura et Olivier,
alias « les Sélène », présentent un superbe numéro de corde chaque soir au cirque Romanès.

Denis Sieffert  • 12 novembre 2009 abonné·es

De loin, on dirait un petit oiseau tombé du nid. Les jambes repliées sous elle, emmitouflée dans un peignoir, pâle, le regard perdu dans le lointain : elle est déjà dans son rôle, comme dans des coulisses imaginaires, concentrée à l’extrême sur les gestes précis qu’elle s’apprête à accomplir. C’est l’un des charmes du lieu : au cirque Romanès, les artistes n’échappent jamais à leur public. Ils attendent leur tour assis en lisière de piste, avec les musiciens, avec la famille, avec Délia bien sûr, chanteuse tsigane et femme d’Alexandre. Ils sont immobiles et muets ou bavards et dissipés, oublieux de la foule qui les entoure, ou jouant discrètement avec elle. Le numéro de Laura commence comme un conte de fées. Un prince charmant, torse musculeux, vient la prendre dans ses bras pour la conduire à la corde lisse. Quelques figures plus tard, elle côtoie le sommet. L’un de ses maîtres avait coutume de dire :

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Culture
Temps de lecture : 5 minutes