Bolivie : « Evo Morales travaille pour les pauvres »
En Bolivie, le président amérindien sortant, Evo Morales, est le grand favori de l’élection du 6 décembre. Il devrait pouvoir poursuivre sa politique sociale. Reportage.
dans l’hebdo N° 1079 Acheter ce numéro

Les maisons de terre cuite sont peintes entièrement en bleu roi. Sur les murs, les slogans en blanc et noir, « Evo no se cansa » (Evo ne se fatigue pas), « Evo de nuevo » (Evo de nouveau), appellent à la réélection, le 6 décembre, d’Evo Morales à la tête de la Bolivie. Les couleurs du MAS (Mouvement pour le socialisme), le parti du président indien, flottent sur tout l’Altiplano, plateau hostile des Andes boliviennes. Les sept autres candidats sont quasiment absents dans cette région. De rares affiches du principal concurrent, l’ex-militaire Manfred Reyes Villa, du parti de droite PPB (Le Plan progrès pour la Bolivie), sont collées à quelques lampadaires, tandis que de grandes pancartes éparses du troisième homme, l’entrepreneur plus modéré Samuel Doria Medina, de l’UN (l’Union nationale), appellent à « mettre la Bolivie au travail ».
Ces villages démunis de l’Altiplano sont révélateurs de la tendance électorale. Suivant les derniers sondages, Evo Morales est quasi certain de l’emporter dès le premier tour. Pour les Indiens, son mandat a un goût de revanche. « Même la place Murillo [siège du gouvernement et du Parlement, au centre de la capitale, NDLR] a changé. Avant, les gens bronzés comme moi n’y avaient pas leur place. Il y