Comment rattraper le temps perdu ?

Le mouvement associatif fut le seul à s’inquiéter des premiers signes du réchauffement climatique. L’urgence et la difficulté de la tâche n’en sont que plus importantes.

Claude-Marie Vadrot  • 10 décembre 2009 abonné·es

«Les dégagements de chaleur en des quantités ou sous des concentrations telles que l’environnement ne puisse plus en neutraliser les effets doivent être interrompus de façon à éviter que les écosystèmes ne subissent des dommages graves ou irréversibles. » Cette phrase figurait en introduction du paragraphe 6 de la déclaration adoptée en 1972 à l’issue de la première conférence mondiale sur l’environnement et le développement organisée à Stockholm par les Nations unies. Elle contenait, après les interventions de quelques experts provoquant le scepticisme de leurs collègues et les ricanements des constructeurs automobiles, un avertissement qui fut immédiatement oublié jusqu’à la conférence de Rio, en 1992. Tout comme les politiques ont oublié que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a été créé il y a vingt et un ans et que son premier rapport, publié dans l’indifférence en 1990, a servi à la rédaction de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques adoptée par 131 chefs d’État réunis au Sommet de la Terre de Rio. Et il fallut attendre 1995 pour que se réunisse à Berlin la première conférence sur le climat.

La conférence de Copenhague est donc la vingt-deuxième grand-messe internationale consacrée au climat. Elle est destinée à revoir les décisions, connues sous le nom de « protocole de Kyoto », prises au Japon en 1997, qui ne furent jamais ratifiées par les États-Unis et le furent seulement en 2004 par la Russie, ce qui permit l’entrée en vigueur des accords signés en février 2005, huit ans après leur signature.
Pendant tout ce temps perdu, les rapports du Giec n’ont guère été relayés que par les mouvements associatifs et par les pays menacés par la hausse du niveau de la mer, la recrudescence des accidents climatiques et la fonte des glaciers. Il s’agit donc maintenant de limiter l’augmentation de la température de la planète à 2 °C d’ici à 2050. Et, pour ce faire, au minimum, de réduire la consommation d’énergie et de freiner la déforestation.
En donnant une chance aux pays du Sud de faire face à la situation sans être pénalisés, tout en sachant qu’une reconversion des échanges et des économies va coûter très cher.

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