Copenhague : éloge de l’inquiétude
Professeur de philosophie, Bruno Mattéi nous propose une réflexion sur le comportement de notre société face à la question du climat.
dans l’hebdo N° 1080 Acheter ce numéro
Le sommet mondial de Copenhague est présenté comme « l’heure de vérité » pour la planète. Il est vrai que l’enjeu est considérable. Il s’agit ni plus ni moins de savoir, comme le dit un penseur de l’écologie, « si on franchit ou non l’irréversible » . La question est évidemment essentielle de savoir si la communauté des humains, à travers ses représentants politiques et ses experts, sera à la hauteur du défi de la survie collective qui assurément se joue, du moins en grande partie, avec la crise écologique majeure du réchauffement climatique. Mais la question est-elle seulement celle d’une « volonté politique mondiale » qui sera ou non suffisante pour parer au malheur ? Pour ma part, j’identifie deux obstacles cruciaux auxquels cette volonté politique est elle-même soumise. Le premier obstacle est d’ordre anthropologique. On pourrait le formuler de la façon suivante : nous produisons, ou nous rendons possibles, des événements dont nous sommes incapables « d’imaginer » les conséquences, telle précisément la fin possible