Comment glisser le CO2 sous le tapis
Total vient d’inaugurer à Lacq une installation de stockage du gaz carbonique sous terre, pour limiter l’effet de serre. Une filière en plein essor, très critiquée par les écologistes, qui redoutent des fuites massives.
dans l’hebdo N° 1086 Acheter ce numéro

Les activités humaines, essentiellement par la combustion des énergies fossiles – pétrole, gaz, charbon –, expédient chaque année plus de 32 milliards de tonnes de gaz carbonique (CO2) dans l’atmosphère. Comment réduire ce flux qui aggrave inexorablement l’effet de serre planétaire ? Une voie évidente et définitive : la sobriété, une meilleure efficacité ou la substitution des fossiles par des énergies vertes. Mais, depuis des années, des industriels s’évertuent à promouvoir une autre piste : le captage du gaz carbonique produit par des installations industrielles pour le stocker à bonne distance de l’atmosphère. La préférence des ingénieurs va actuellement aux couches géologiques profondes, « poubelles à CO2 » actuellement présentées comme les plus sûres.
La filière, à laquelle on prédit une place importante dans les décennies à venir, agite fiévreusement