Des témoignages décisifs

Par leur connaissance de la région et leur approche indépendante, André Guichaoua et Claudine Vidal permettent de comprendre l’enchaînement complexe des événements.

Denis Sieffert  • 11 février 2010 abonné·es

Sans doute, Claudine Vidal a-t-elle raison de souligner que l’attitude de la France dans les années qui ont suivi le génocide, et aujourd’hui encore, n’a pas peu contribué à obscurcir le débat. Et à le radicaliser à l’extrême. « Les autorités françaises, qui avaient soutenu des années durant un régime raciste capable du pire, n’acceptèrent jamais de revenir sur leurs erreurs », estime cette historienne et sociologue. « Une telle attitude d’infaillibilité provocante ne pouvait qu’alimenter antipathie et réceptivité aux soupçons. » « Pour moi, poursuit-elle, il ne fait aucun doute que la France a eu dans les événements du Rwanda une responsabilité accablante. » Ce sentiment est partagé par André Guichaoua et par Rony Brauman.

Faut-il pour autant adhérer à la thèse accusatoire qui conduit à la caractérisation de « complicité de génocide » ? Avant d’essayer de répondre à cette question, rappelons cette thèse. Elle fait remonter l’histoire aux relations troubles entretenues au début des années 1990 par la cellule africaine de l’Élysée – dirigée à l’époque par Jean-Christophe Mitterrand – avec le clan Habyarimana (Juvénal Habyarimana, président du Rwanda de

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Temps de lecture : 12 minutes