La mer peut remercier les pirates
La piraterie en Somalie produit certains effets bénéfiques inattendus, comme la protection du biotope marin contre son exploitation intensive par les pêcheries européennes.
dans l’hebdo N° 1090 Acheter ce numéro

Cet automne, l’Espagne a suivi avec émotion le sort du thonier basque-espagnol Alakrana , entre les mains de pirates somaliens pendant plusieurs semaines. Le navire et les trente-six membres d’équipage ont finalement été libérés après qu’une rançon de quatre millions de dollars a été versée par le gouvernement de José Luis Zapatero. Fin septembre, la marine américaine faisait état d’une reprise des actes de piraterie au large de la Somalie à la faveur de la fin de la saison de la mousson. Selon le Bureau maritime international (BMI), en 2009, les pirates ont mené au moins trois cents attaques, dont soixante d’entre elles ont conduit à la capture d’un navire.
Mais pour Greenpeace, Human Rights Watch et Amnesty International, les pirates, ce sont ceux qui pillent les océans, à savoir la flotte européenne qui pêche dans cette zone. « Au sujet de l’Afrique, les médias relaient volontiers l’exploitation des richesses souterraines par les Chinois, mais le pillage massif des ressources halieutiques par les sociétés de pêche françaises et espagnoles n’est jamais abordé » , explique Urtsa Castro, un jeune biologiste de Bilbao. En mission dans