Qui n’a pas (encore) eu sa garde à vue ?
À la veille d’une réforme de la garde à vue, et au-delà d’une actualité relayée par les médias, deux livres reviennent sur une mesure de plus en plus abusive.
dans l’hebdo N° 1090 Acheter ce numéro

Établie par une circulaire ministérielle de 1903, consacrée par les lois de Vichy et codifiée dans le code de procédure pénale de 1958, la garde à vue (GAV) est une pratique policière a priori exceptionnelle. Pénible, aussi : on est retenu durant un temps indéterminé mais limité (24 heures renouvelables), à la disposition des enquêteurs, sans effets personnels, sans lacets, ni ceinture, ni lunettes. Généralement dans un cul de basse-fosse. Loin des libertés fondamentales individuelles et de la dignité des personnes. Récemment, au cours d’une série documentaire radiophonique remarquable (voir Politis , n°1085), Joseph Beauregard avait rapporté dix témoignages, autant d’abus. La semaine dernière, dans le XXe arrondissement de Paris, interpellée chez elle, une adolescente de 14 ans a passé dix heures en GAV, en pyjama (il lui a été