« Surtout pas d’interdiction générale et absolue ! »

Une loi interdisant le voile intégral risque d’augmenter l’exclusion des femmes qui le portent.
Les restrictions doivent être proportionnées aux nécessités, et non discriminatoires.
Ce « débat » a des motivations électoralistes et de forts relents colonialistes.

Ingrid Merckx  • 4 février 2010 abonné·es
« Surtout pas d’interdiction générale et absolue ! »
© Photo : Gangne/AFP

Politis : Comment comprendre les conclusions de la mission parlementaire « sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national » ?

Jean-Pierre Dubois : La Ligue des droits de l’homme a été auditionnée par la mission. Nous lui avons dit, comme 90 % des personnes entendues, qu’interdire par la loi le port du voile intégral serait une folie. Quoi qu’on puisse penser de ce voile, une loi d’interdiction augmenterait l’exclusion des femmes qui le portent. De plus, si l’on commence à réglementer les tenues vestimentaires dans l’espace public, on va contrevenir à la démocratie. D’abord favorables à une loi d’interdiction, les membres de la mission ont commencé à douter, pour des raisons de fond mais aussi tactiques, dont des divisions politiciennes au sein de l’UMP. Ces doutes ont abouti à un fiasco que la mission a essayé de masquer avec, par ­exemple, cette proposition de « résolution parlementaire ». Une plaisanterie, car elle

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Publié dans le dossier
Retraites : contre les idées reçues
Temps de lecture : 5 minutes