Filmer les camps
Avec « Filmer les camps », le Mémorial de la Shoah restitue la lisibilité des images prises par de grands cinéastes américains à Dachau et à Falkenau pour témoigner des crimes de guerre.
dans l’hebdo N° 1094 Acheter ce numéro

Des images montrées dans l’exposition « Filmer les camps », certaines sont peu connues, d’autres inédites. Mais pas question pour le commissaire de l’exposition, l’historien Christian Delage, de mettre en avant cet aspect que d’autres auraient exploité comme argument promotionnel. Nombre des documents filmés exposés au Mémorial de la Shoah ont été, au contraire, beaucoup vus. Mais insérés dans des contextes filmiques très divers, utilisés sous formes d’extraits dénués de leur signification initiale, parfois instrumentalisés. Pour paraphraser l’expression de l’historienne Annette Wieviorka, qui parle de « mémoire saturée » à propos des camps, les regards eux aussi sont saturés d’images, d’où surnagent quelques flashs qui fonctionnent comme des chocs visuels (la série « Apocalypse », par exemple, diffusée sur France 2 l’an dernier, est typique de cette recherche d’effets qui retirent tout sens à ce qui est montré).
L’ambition de l’exposition est précisément de restituer de la lisibilité aux images, presque toutes muettes, prises par les militaires américains quand ceux-ci ont découvert les camps de concentration, en l’occurrence Dachau et Falkenau. Tout en montrant ces images de l’horreur, la plupart sur des écrans de taille modeste pour éviter la spectacularisation, l’exposition se consacre avant tout à leur statut : par qui ces images ont-elles été prises ? Dans quel but ? Dans quelles conditions ont-elles été produites ? Comment ont-elles été utilisées ?… L’exposition suit ainsi
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