Georges Frêche prend les électeurs pour des cons et le prouve

Michel Soudais  • 18 mars 2010
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Voici un «document». Le contenu de la profession de foi qui a permis à Georges Frêche d’obtenir 34,28% au premier tour (304 810 voix!) est évoqué dans les échos du Politis de cette semaine. Mais c’est encore plus parlant en image, n’est-ce pas?

Recto de la profession de foi de G. Frêche

Au recto, là où tous les candidats font un petit texte pour expliquer pourquoi voter pour eux, Georges Frêche occupe la moitié de la page avec des photos de la région, et l’autre avec le nom de sa liste, et l’adresse de son (mauvais) site de campagne.
S’il n’y avait qu’une chose à retenir de ce site, ce serait la photo de l’équipe de campagne du Georges, une équipe très mâle! Attention, vous n’êtes pas à Corleone mais à Montpellier.

Vous n'êtes pas à Corleone mais à Montpellier.

Mais revenons à la profession de foi.

Verso de la profession de foi de G. Frêche

Au verso, là où nous avons l’habitude de trouver les programmes des listes, le président sortant de la région offre à ses électeurs, « uniquement pour vous » , précise-t-il, six promesses en forme de slogans: « Un destin pour chacun » , « intelligence économique » , « restons nous même » , « développement agréable » , « le coeur n’a pas de rides » , « obligation de résultat » . Vous avez bien lu, Georges Frêche compte diriger la région avec 24 mots !

«Comment peut-on faire un tel choix de communication ? Et comment peut-on avoir envie de voter pour ça ?» s’interrogeait Pierre Emmanuel, sur son blog avant le premier tour. Si « ce mélange d’expressions, et phrases des plus creuses, subjectives, laissant comprendre ce qu’on l’on veut bien, et totalement vide de sens » l’a emporté, la question reste entière.

Pierre Emmanuel formule trois hypothèses pour y répondre: *- Une absence évidente de projet a fortement marqué la campagne de Georges Frêche, orchestrant ses dérapages pour éviter que son bilan ou son (non)projet ne soit abordé.

  • Georges Frêche l’a dit lui même, « je fais campagne auprès des cons et je ramasse des voix en masse » c’est pourquoi il n’est peut être pas nécessaire de parler du projet, et qu’il suffit de raconter n’importe quoi pour remporter des élections.
  • On le sait, cette campagne n’a pas vraiment été l’occasion de grands débats et de confrontation de projets, cette profession de foi nous le confirme bien.*

    Il reste que cette profession de foi est le symptôme ultime de la déchéance d’une gauche qui n’a plus rien à dire et dont la seule préoccupation est de se faire élire. Car si le bonhomme a été exclu du PS, il a toute de même derrière lui un paquet de maires, de députés, conseillers généraux… pour ne rien dire des secrétaires fédéraux qui acceptent que leur pensée soit réduite à cela. C’est donc bien un document pour l’histoire.

Temps de lecture : 3 minutes
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