La décentralisation est en panne
Faut-il souhaiter que le pouvoir des régions soit renforcé ? Existe-t-il une réponse de gauche à cette question ? Au moins,
le débat doit-il être relancé.
dans l’hebdo N° 1094 Acheter ce numéro
On ne refera pas l’histoire. C’est ainsi : la France est un pays centralisé. Il n’est qu’à contempler une carte pour constater que tout part de Paris et tout y ramène. La capitale est le centre d’une communication en étoile, aussi bien pour les routes que pour les chemins de fer. Et les Français entretiennent avec l’idée même de décentralisation une relation de méfiance. L’histoire de cette méfiance s’enracine évidemment dans la Révolution. Même le « père » des départements, le Normand Jacques-Guillaume Thouret, lançait à l’Assemblée législative en novembre 1789 cette interpellation paradoxale : « Craignons d’établir des corps administratifs assez forts pour entreprendre de résister au chef du pouvoir exécutif. » Et il était, dans le contexte de l’époque, un décentralisateur !
Pourtant, les départements n’étaient que des subdivisions administratives, et en aucun cas de nouvelles collectivités. La création des préfets, en 1800, renforcera encore leur subordination au pouvoir central.