Les résistants de Chambon
En Lozère, l’action du réseau se concentre sur le soutien
aux familles demandeuses d’asile envoyées dans un petit village au nord du département, en pleine Margeride. Reportage
dans l’hebdo N° 1092 Acheter ce numéro
Rendez-vous avait été pris le 29 décembre. À Mende, siège de la préfecture et croisée des chemins pour les membres du RESF 48. « On s’appelle le matin même, au cas où les routes ne seraient pas praticables » , avait suggéré Patricia. Mais, dès le jour de Noël, la neige avait commencé à fondre en Lozère, et le 29 tout le monde pouvait circuler. Faisant le trajet depuis les quatre coins du département, ils se sont retrouvés une bonne douzaine devant le théâtre de la ville. Puis, discutant comme des camarades de classe, ils ont dépassé la petite patinoire installée sur la place pour l’hiver et sont allés s’installer dans un des cafés au coin. « Politiquement, il y en a certains que je ne peux pas sentir autour de la table ! » , a lancé l’une, en passant des boissons chaudes. Une plaisanterie pour rappeler que RESF, ici comme ailleurs, réunit des gens qui ne se ressemblent pas forcément : « Le réseau, c’est chacun ! » En principe, en Lozère, « tout le monde connaît tout le monde » . Mais, parmi ceux qui étaient présents ce jour-là, seuls quelques-uns s’étaient déjà croisés avant la création du comité local. Parce que militants au sein d’un parti (PC, NPA), d’une association (Ligue des droits de l’homme, Mrap), ou contre le projet de deuxième autoroute… « Certains se voient maintenant en dehors des réunions », a souligné Patrick, barbu, le photographe de la bande, graphiste de son état. « Moi, j’ai rejoint le réseau pour faire des connaissances, a lancé Jean-Luc en riant, un grand qui ne parle pas assez fort, d’autant que RESF, c’est quand même surtout des femmes ! »
C’est une jeune enseignante, Peggy, qui est à