Argentine : un pays au bord du gouffre
Le couple Kirchner accommode le vieux péronisme à la sauce néolibérale et succombe aux tentations de la corruption, tandis que le mécontentement enfle. Reportage.
dans l’hebdo N° 1096 Acheter ce numéro

Dans les rues de Buenos Aires, entre chaleur inhabituelle et pénurie d’eau, les habitants des bidonvilles proches de la gare du Retiro, les Porteños, n’oublient pas la crise qui a secoué leur pays en 2002. Le temps de l’effondrement des banques, de la disparition de la monnaie, quand des familles entières, pauvres et classes moyennes mêlés, dormaient à même les trottoirs, s’abritant sous des bâches sommairement fixées sous les portes cochères. Il leur suffit de regarder les immeubles en ruines, les usines abandonnées ou les boutiques jamais rouvertes pour se souvenir. Dans le quartier Florida du centre, le commerce paraît florissant car alimenté par le tourisme brésilien ou chilien, et une fraction de plus en plus riche de la population, celle qui avait mis ses devises à l’étranger.
Comme dans les quartiers pauvres de La Boca, de San Telmo ou de Matanza, la nuée de petits vendeurs qui tentent de gagner quelques pesos sur les trottoirs et les chaussées piétonnes du centre-ville rappelle que la crise nationale et mondiale a atteint la population.