Climat : les arnaques du marché carbone

Alors qu’explosent les transactions sur les droits à polluer, les fraudes se multiplient. Critiquées pour leur inefficacité à réduire les émissions, ces bourses de CO2 montrent des failles très inquiétantes.

Patrick Piro  • 8 avril 2010 abonné·es
Climat : les arnaques du marché carbone
© PHOTO : COFFRIN/AFP

Mercredi 17 mars, sueurs froides chez BlueNext. Cette bourse basée à Paris, spécialisée dans les transactions de permis d’émission de CO2 – les fameux « droits à polluer » –, vient de détecter la circulation de près d’un million de titres irréguliers. Les transactions véreuses ont pu porter sur 10 millions d’euros. Panique, le cours du permis chute de 12 à 1 euro. BlueNext suspend en urgence les échanges pendant trois jours, le temps de vérifier la validité des titres.

Ce coup dur n’est que le dernier en date d’une succession préoccupante depuis moins d’un an : des milliards d’euros ponctionnés au fisc, des détournements, des faux, des reventes frauduleuses, des contrôles insuffisants, des spéculations sauvages, etc. Nés il y a cinq ans à peine, les marchés de droits à polluer se retrouvent déjà déstabilisés. Ce nouveau secteur de la finance n’a rien à envier aux autres par sa complexité et son opacité. Facteur aggravant, il manipule une marchandise totalement virtuelle : des émissions « évitées » de gaz carbonique (CO2), le principal des gaz à effet de serre. Ces marchés brassent plusieurs types de titres CO2 – de la « monnaie carbone ». Première source : le protocole de Kyoto. Imposant aux pays industrialisés de limiter leurs gaz à effet de serre, il leur a attribué des « unités de quantités attribuées » (Uqa) correspondant

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Écologie
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